En bref
Au squash, chaque échange rapporte un point (système PAR), et un jeu se gagne en 11 points (2 points d'écart minimum), au meilleur des 5 jeux. La balle doit obligatoirement toucher le mur frontal au-dessus du Tin (43 cm) et en dessous de la ligne supérieure (4,57 m), en un seul rebond maximum. Il n'existe qu'un seul service autorisé, et en cas de gêne, l'arbitre accorde soit un Let (point rejoué) soit un Stroke (point direct pour le joueur gêné).
Le squash attire chaque année de nouveaux pratiquants, mais ses règles intimident souvent au début. Entre le système PAR, la distinction Let/Stroke et les lignes du terrain à mémoriser, on peut vite se sentir perdu. Ce guide vous explique tout de façon claire et progressive, des bases pour débutants aux cas litigieux que même les joueurs intermédiaires ne maîtrisent pas toujours.
Que vous découvriez le squash ou que vous cherchiez à clarifier un point précis du règlement, vous trouverez ici une réponse concrète, illustrée d’exemples tirés de situations réelles de jeu.
Le squash en deux mots : c’est quoi exactement ?
Le squash est un sport de raquette qui se joue à deux (ou en double) dans un court fermé, entouré de quatre murs. L’objectif est de frapper une petite balle creuse contre le mur frontal de façon à ce que l’adversaire ne puisse pas la renvoyer correctement. Contrairement au tennis, il n’y a pas de filet : on joue sur les murs, et la balle peut rebondir sur les murs latéraux et le mur du fond avant d’être renvoyée.
Né dans les écoles anglaises aux alentours de 1850 et codifié dès 1911, le squash est aujourd’hui régi au niveau mondial par la World Squash Federation (WSF). Les règles en vigueur en 2026 sont issues de la dernière révision WSF et apportent notamment des précisions sur les procédures d’arbitrage et la gestion des situations de gêne.
Le terrain de squash : décrypter les lignes et les zones
Le Tin, la ligne de service et la ligne supérieure
Un court de squash standard mesure 9,75 m de long pour 6,40 m de large. Plusieurs lignes délimitent les zones de jeu valides sur le mur frontal :
- Le Tin : bande métallique en bas du mur frontal, à 43 cm du sol. Toute balle touchant le Tin est une faute immédiate. Le son caractéristique du métal vous prévient sans appel.
- La ligne de service : tracée à 1,78 m de hauteur sur le mur frontal. La balle doit passer au-dessus de cette ligne lors du service.
- La ligne supérieure : à 4,57 m de hauteur sur le mur frontal (et prolongée sur les murs latéraux). Toute balle touchant ou dépassant cette ligne est out.
Les carrés de service et la zone stratégique du T
Au sol, deux carrés de service encadrent la ligne médiane. Le serveur doit obligatoirement avoir un pied dans l’un d’eux au moment du service. La balle doit rebondir dans le quart arrière opposé au serveur.
Le fameux T désigne l’intersection des lignes centrales du court, juste derrière la ligne de service au sol. C’est la position idéale entre deux frappes : elle offre le meilleur angle de couverture du terrain, et revenir au T après chaque coup est l’un des fondamentaux tactiques du squash.
Le but du jeu : comment marque-t-on un point ?
Un point se marque dès que l’adversaire commet une faute. Concrètement, vous gagnez un point si votre adversaire :
- ne parvient pas à renvoyer la balle sur le mur frontal avant qu’elle ne rebondisse deux fois au sol,
- frappe la balle dans le Tin ou hors des limites,
- est déclaré fautif par l’arbitre lors d’une situation de gêne (Stroke).
Depuis l’adoption du système PAR (Point A Rally), un point est attribué à l’issue de chaque échange, quel que soit le serveur. Avant, seul le serveur pouvait marquer. Ce changement a rendu les parties plus dynamiques et plus équilibrées.
Les règles du service au squash
Position du serveur et placement des pieds
Au début de chaque jeu et après chaque point gagné, le joueur qui sert choisit son carré de service. Il doit avoir au moins un pied entièrement à l’intérieur du carré, sans toucher les lignes. Il peut alterner entre les deux carrés à chaque service consécutif : si vous gagnez plusieurs points d’affilée, vous changez de côté à chaque fois.
Zone de réception : où doit rebondir la balle ?
La balle doit d’abord toucher le mur frontal au-dessus de la ligne de service et en dessous de la ligne supérieure, puis rebondir dans le quart arrière situé du côté opposé au serveur. Si la balle atterrit dans le quart du serveur ou devant la ligne de service au sol, c’est une faute.
Service raté : pas de deuxième chance
C’est une règle qui surprend souvent les joueurs venant du tennis. Au squash, il n’y a qu’un seul service. Si vous ratez votre service (balle dans le Tin, hors limites, mauvaise zone de réception), le point est immédiatement perdu. Pas de deuxième balle comme au tennis. Cette règle oblige à un service précis et pensé dès le départ.
Comment se déroule un échange ?
La règle du rebond (1 seul rebond maximum)
Pendant un échange, vous pouvez frapper la balle après qu’elle ait rebondi une seule fois au sol, ou directement en volée avant tout rebond. Si la balle rebondit deux fois avant que vous ne la frappiez, c’est un « not up » : l’adversaire gagne le point.
Le cas du not up génère parfois des situations ambiguës, notamment sur les balles très basses ou les nicks (voir plus bas). Lorsqu’il y a un doute réel sur le nombre de rebonds et qu’il n’y a pas d’arbitre, la convention est de rejouer le point.
Les coups autorisés : volée, Nick, balle rasante
Vous pouvez frapper la balle sur n’importe quel mur, à condition qu’elle touche en dernier le mur frontal au-dessus du Tin et en dessous de la ligne supérieure. Les murs latéraux et le mur du fond sont donc des surfaces de jeu à part entière.
Le Nick est l’un des coups les plus redoutables : la balle touche simultanément le mur et le sol dans l’angle inférieur. Elle roule alors sans rebondir normalement, rendant le renvoi quasi impossible. C’est un coup de vainqueur recherché par les joueurs expérimentés, difficile à contester arbitrairement car la balle est véritablement « not up » par définition physique.
Les fautes directes : Tin, hors limites, double rebond
| Type de faute | Situation | Conséquence |
|---|---|---|
| Tin | Balle touchant la bande métallique en bas du mur frontal | Point perdu immédiatement |
| Out | Balle touchant ou dépassant la ligne supérieure | Point perdu immédiatement |
| Not up | Balle frappée après deux rebonds au sol | Point perdu immédiatement |
| Service invalide | Mauvaise zone, pied hors du carré, balle sous la ligne de service | Point perdu (pas de 2e service) |
| Gêne volontaire | Obstruction délibérée de l’adversaire | Stroke accordé à l’adversaire |
Le comptage des points : le système PAR expliqué
Le squash moderne utilise le système PAR (Point A Rally), adopté par la WSF et désormais universel à tous les niveaux de compétition. Voici ses principes :
- Chaque échange rapporte un point, quel que soit le serveur.
- Un jeu se joue en 11 points.
- En cas d’égalité à 10 partout, il faut 2 points d’écart pour remporter le jeu.
- Le match se joue au meilleur des 5 jeux (premier à 3 jeux gagnés).
Exemple de score commenté pas à pas
Imaginons un jeu entre Alice et Bob. Alice sert. Elle gagne l’échange : score 1-0 pour Alice, et c’est elle qui sert à nouveau. Bob gagne l’échange suivant : score 1-1, et c’est maintenant Bob qui sert. Le service passe donc à chaque point gagné. À 10-10, Alice marque : 11-10, mais il faut 2 points d’écart. Bob marque : 11-11. Alice enchaîne deux points : 13-11, Alice remporte le jeu.
Tableau récapitulatif du système PAR
| Paramètre | Valeur |
|---|---|
| Points pour gagner un jeu | 11 (avec 2 pts d’écart minimum) |
| Format du match | Meilleur des 5 jeux |
| Qui marque un point ? | Le gagnant de l’échange (PAR) |
| Égalité à 10-10 | Jeu en cours jusqu’à 2 pts d’écart |
| Service après un point | Le joueur qui vient de marquer |
Le Let et le Stroke : la règle de gêne sans ambiguïté
C’est le point de règlement qui génère le plus de discussions sur le court. La gêne (obstruction involontaire ou volontaire d’un joueur par l’autre) est traitée par deux décisions distinctes : le Let et le Stroke.
Quand demander un Let ?
Un Let est accordé lorsqu’un joueur est gêné dans sa course ou son élan, sans qu’il soit certain qu’il aurait gagné le point. Le point est rejoué. Pour demander un Let, vous devez le faire immédiatement, avant de tenter de jouer la balle. Si vous essayez de frapper malgré la gêne, votre droit à demander un Let disparaît.
Quand l’arbitre accorde un Stroke plutôt qu’un Let ?
Un Stroke est une décision plus sévère : le point est directement attribué au joueur gêné, sans rejouer. L’arbitre accorde un Stroke dans deux situations principales :
- L’adversaire se trouvait directement dans la trajectoire du coup, rendant un retour gagnant quasi certain.
- L’adversaire a fait preuve de mauvaise volonté en ne dégageant pas suffisamment, malgré la possibilité de le faire.
5 situations concrètes illustrées
- Situation 1 : Couloir bloqué après un coup croisé. Vous frappez un coup croisé, votre adversaire ne se dégage pas. Vous ne pouvez pas atteindre la balle sans le percuter. S’il avait le temps de se déplacer, l’arbitre accorde un Stroke en votre faveur.
- Situation 2 : Gêne sur une volée imminente. La balle revient rapidement vers le T, vous êtes en position de la jouer en volée mais votre adversaire est dans votre ligne de frappe. Si le coup était clairement gagnant, Stroke. Si le résultat était incertain, Let.
- Situation 3 : Contact physique involontaire. Vous percutez accidentellement votre adversaire pendant un échange. Personne n’a eu l’intention de gêner. Résultat habituel : Let, et le point est rejoué.
- Situation 4 : Adversaire immobile sur le T. Après avoir frappé, votre adversaire reste au T et ne tente pas de dégager. Vous ne pouvez pas jouer. C’est un Stroke : il avait clairement la possibilité de se déplacer et ne l’a pas fait.
- Situation 5 : Balle qui revient vers le corps de l’adversaire. Votre coup revient direct vers votre adversaire qui ne peut physiquement pas s’écarter. Pas de faute intentionnelle. L’arbitre accorde généralement un Let, sauf si le coup était déjà un winner évident.
Les erreurs les plus fréquentes des débutants face aux règles
- Attendre un deuxième service : comme au tennis. Au squash, c’est une faute directe dès le premier service raté.
- Continuer à jouer après un double rebond : par réflexe, certains frappent la balle même après deux rebonds. C’est un not up, le point est perdu.
- Ne pas demander un Let immédiatement : si vous tentez le coup malgré la gêne, vous renoncez à votre droit de contestation.
- Confondre la ligne de service et la ligne supérieure : la ligne de service (1,78 m) n’est utilisée que pour le service. En échange, seules la ligne supérieure et le Tin délimitent la zone valide sur le mur frontal.
- Croire que toucher les murs latéraux est une faute : non, la balle peut ricocher sur autant de murs que nécessaire, tant qu’elle touche le mur frontal dans les limites valides.
Comme dans d’autres sports de raquette ou de précision, la maîtrise des règles passe aussi par une bonne condition physique. Si vous cherchez à améliorer votre endurance pour tenir des échanges prolongés, les conseils d’un programme de préparation sportive structuré peuvent vous aider à développer votre fond athlétique, même en dehors du court.
Les balles de squash : pastilles de couleur et impact sur le jeu
Toutes les balles de squash ne se comportent pas de la même façon. Leur niveau de rebond varie selon leur composition et se repère grâce à la couleur de la pastille imprimée dessus. Plus la balle est froide, moins elle rebondit, ce qui demande plus d’énergie pour la mettre en jeu.
| Pastille | Rebond | Pour qui ? |
|---|---|---|
| Double jaune | Très faible | Compétition, joueurs experts |
| Jaune | Faible | Joueurs avancés |
| Rouge | Moyen | Joueurs intermédiaires |
| Bleue | Élevé | Débutants et jeunes joueurs |
Pour débuter, la balle à pastille bleue est vraiment conseillée : elle chauffe plus vite et rebondit suffisamment pour que les échanges soient possibles dès les premières minutes. La balle double jaune utilisée en compétition nécessite plusieurs minutes d’échauffement avant d’atteindre sa température optimale et son rebond nominal. Surveiller votre fréquence cardiaque maximale pendant vos séances peut également vous aider à doser l’effort, notamment lors des phases d’échauffement intenses propres au squash.
Glossaire du squash : les termes à connaître absolument
- Tin : bande métallique en bas du mur frontal. Toute balle y touchant est out.
- Let : point rejoué suite à une gêne, sans faute grave constatée.
- Stroke : point directement attribué au joueur gêné, suite à une obstruction significative.
- Nick : coup touchant simultanément le mur et le sol dans un angle. Presque injouable.
- T : intersection des lignes centrales du court, position stratégique clé.
- PAR (Point A Rally) : système de comptage où chaque échange rapporte un point, quelle que soit l’identité du serveur.
- Not up : balle frappée après deux rebonds au sol. Faute directe.
- Volée : frappe de la balle avant tout rebond au sol.
- Marqueur : officiel qui annonce le score à voix haute pendant le match.
- Arbitre : officiel qui tranche les situations litigieuses (Let, Stroke, fautes).
- WSF : World Squash Federation, instance mondiale qui édicte les règles officielles.
Le squash en double : les règles spécifiques
Le squash en double se joue à quatre joueurs (deux équipes de deux) sur un court plus large (7,62 m au lieu de 6,40 m pour le format standard). Le principe reste identique, mais plusieurs règles s’adaptent :
- Ordre de frappe : au sein d’une équipe, les deux partenaires doivent alterner les coups. Si le même joueur frappe deux fois de suite, c’est une faute.
- Gêne : avec quatre joueurs sur le court, les situations de gêne sont plus fréquentes. Les règles de Let et de Stroke s’appliquent de la même façon, mais l’arbitrage demande davantage d’attention.
- Service en double : le service tourne selon le même principe, en alternant entre les équipes à chaque point perdu par l’équipe qui servait. L’ordre de service au sein de chaque équipe est établi en début de jeu et doit être respecté.
- Dimensions du Tin : en double WSF, le Tin est légèrement plus haut (48 cm contre 43 cm en simple), ce qui rend les frappes très basses encore plus risquées.
Le squash en double reste moins pratiqué en France que le simple, mais il gagne du terrain dans les clubs, notamment comme format d’initiation convivial pour jouer à plusieurs. Si vous aimez découvrir les règles d’autres sports collectifs et de précision, la lecture des règles du palet breton ou des variantes du billard peut vous offrir un éclairage intéressant sur la façon dont différentes disciplines codifient leurs pratiques.
FAQ : Règles du squash : tout comprendre pour jouer correctement
Combien de points faut-il pour gagner une partie de squash ?
En système PAR (Point A Rally), chaque jeu se joue en 11 points avec 2 points d'écart minimum. La partie se gagne au meilleur des 5 jeux, soit 3 jeux gagnants.
Quelle est la différence entre un Let et un Stroke au squash ?
Le Let est rejoué (égalité maintenue) quand la gêne est involontaire et le coup incertain ; le Stroke accorde le point directement au joueur gêné quand l'adversaire bloque la trajectoire d'un coup qui aurait été gagnant ou ne se dégage pas.
A-t-on droit à un deuxième service au squash comme au tennis ?
Non, contrairement au tennis, au squash il n'y a qu'un seul service : si vous ratez, vous perdez le service et votre adversaire marque un point (système PAR).
C'est quoi le Nick au squash ?
Le Nick est un coup rasant qui touche simultanément le mur et le sol dans l'angle, produisant un rebond quasi nul et impossible à renvoyer, c'est souvent un point direct.
Quelle balle de squash choisir quand on débute ?
Pour un débutant, la balle à double pastille jaune (ou bleue selon les marques) est recommandée : elle rebondit plus, ce qui facilite les échanges et l'apprentissage du jeu.
Peut-on frapper les murs latéraux et le mur du fond au squash ?
Oui, la balle peut toucher n'importe quel mur dans les limites du terrain, mais elle doit impérativement frapper le mur frontal (avant) à chaque échange pour que le coup soit valide.